Les 4 Piliers de l’apprentissage selon Stanislas Dehaene et leur intégration en technopédagogie

Publié le 24 janvier 2025 à 09:15

Stanislas Dehaene, neuroscientifique et spécialiste de l’apprentissage, a identifié quatre piliers fondamentaux de l’apprentissage. Ces piliers, fondés sur des recherches en neurosciences cognitives, permettent de mieux comprendre comment le cerveau humain acquiert, stocke et transfère les connaissances. Ceux-ci offrent des pistes concrètes pour optimiser les pratiques pédagogiques des enseignants, et dans ce cas précis à travers cet article, grâce aux technologies numériques. Nous allons donc explorer ces piliers, leurs bénéfices, et proposer des idées pour leur intégration technopédagogique.

 

1. L’attention 

En quoi consiste ce premier pilier ? 

L’attention est la porte d’entrée de l’apprentissage. Pour apprendre, il est essentiel de capter et de maintenir l’attention des apprenants. Le cerveau humain filtre constamment les informations pour se concentrer sur les éléments pertinents. Or, la surcharge d’informations ou les distractions diminuent la capacité d’attention.

 

Quels en sont les bénéfices pour l’apprentissage ? 

Une attention soutenue permet une meilleure mémorisation et facilite le traitement en profondeur des informations. Lorsqu’un élève est pleinement attentif, il est plus à même de comprendre et de transférer ces nouvelles connaissances à celles déjà acquises. 

 

Et l’intégration numérique dans tout cela ? 

Les outils numériques peuvent soutenir ce pilier en créant des environnements interactifs et stimulants. Par exemple : 

  •  Les applications éducatives gamifiées (comme Kahoot ou Quizlet) captent l’attention grâce à des défis interactifs.
  •  Les outils de gestion de classe (tels que Classroom, Trello, Teams, Moodle, …) aident à favoriser l’attention et prévenir les apprenants des échéances.
  •  Les supports de contenus visuels (Canva, Genially, Napkin, …) aident à renforcer l’attention des apprenants grâce à leur capacité à transformer des informations complexes en éléments visuels attractifs et compréhensibles.

2. L'engagement actif

En quoi consiste ce deuxième pilier ? 

L’apprentissage efficace nécessite un engagement actif de l’apprenant. Cela signifie qu’il doit participer activement au processus, expérimenter, poser des questions et trouver des solutions. Le cerveau n'apprend bien que s'il est attentif, concentré et en pleine activité de génération de modèles mentaux.

 

Quels en sont les bénéfices pour l’apprentissage ? 

Un engagement actif favorise une meilleure consolidation des apprentissages en renforçant les connexions neuronales. Cela augmente également la motivation et l’autonomie, des facteurs clés pour un apprentissage durable.

 

Et l’intégration numérique dans tout cela ? 

Les technologies numériques permettent de rendre les élèves acteurs de leur apprentissage. Par exemple : 

  •  Les parcours pédagogiques en ligne (comme Digisteps) offrent aux apprenants une structure claire et interactive et impliquent une participation cognitive où ceux-ci mobilisent leurs ressources et établissent des liens entre les concepts.
  •  Les plateformes collaboratives (comme Google Workspace ou Digipad) encouragent le travail en groupe et l’apprentissage par projets.
  •  Les environnements immersifs (comme la réalité virtuelle ou augmentée) peuvent plonger les apprenants dans des scénarios réalistes, stimulant leur curiosité et leur participation.

3. Le retour sur erreur

En quoi consiste ce pilier ? 

« Se tromper, c’est déjà apprendre. » Les deux termes sont virtuellement synonymes, car chaque erreur est une opportunité d’apprentissage. Il est pratiquement impossible de progresser si l’on ne commence pas par échouer à condition de recevoir un feed-back. 

 

Quels en sont les bénéfices pour l’apprentissage ? 

Un retour rapide et constructif aide les élèves à comprendre leurs points faibles et à progresser.

 

Et l’intégration numérique dans tout cela ? 

Les outils numériques excellent dans la fourniture de feedback instantané. Par exemple : 

  •  Les plateformes d’apprentissage adaptatif (comme Khan Academy ou duolingo) offrent un retour immédiat et personnalisé.
  • Les outils pédagogiques (comme Digisteps, Digistorm, …) offrent aux apprenants un retour rapide de la part de leurs enseignants.
  •  Les systèmes de correction automatique dans les logiciels éducatifs permettent aux élèves de voir immédiatement leurs erreurs et de recevoir des explications détaillées.
  •  Les outils d’analyse des performances, comme les tableaux de bord pédagogiques, aident les enseignants à identifier les erreurs récurrentes des élèves et à ajuster leur enseignement.

4. La consolidation

En quoi consiste ce pilier ? 

La consolidation est le processus par lequel les connaissances et compétences apprises sont renforcées à travers la répétition et l’application dans différents contextes. Ce mécanisme repose sur la plasticité cérébrale et le sommeil, qui joue un rôle clé dans la stabilisation des apprentissages. 

 

Quels en sont les bénéfices pour l’apprentissage ? 

Une consolidation efficace garantit que les connaissances deviennent durables et disponibles à long terme. Cela aide les élèves à intégrer les apprentissages de manière progressive et à développer des automatismes.

 

Et l’intégration numérique dans tout cela ? 

Les technologies numériques permettent de faciliter la répétition et la mise en pratique des connaissances. Par exemple : 

  •  Les programmes de révision espacée (comme Anki ou SuperMemo) utilisent des algorithmes pour optimiser les rappels d’informations à intervalles stratégiques.
  •  Les jeux éducatifs répétitifs permettent aux apprenants de renforcer leurs compétences de manière ludique.
  •  Les plateformes LMS (telles que Moodle), offrent des parcours personnalisés permettant une révision progressive des contenus éducatifs.

 

Vers une intégration harmonieuse des technologies 

L’intégration des technologies dans les quatre piliers de l’apprentissage doit se faire avec soin, en tenant compte des besoins spécifiques des apprenants, des environnements de ceux-ci et en évitant la fracture numérique.

 

Voici quelques recommandations : 

1. Centrer l’expérience sur l’apprenant : 

Les outils numériques doivent être au service de l’élève, pas l’inverse. Ils doivent encourager la réflexion et la créativité, et non le simple « clic » passif. 

2. Former les enseignants : 

La technopédagogie ne peut être efficace que si les enseignants sont bien formés pour utiliser ces outils et les intégrer dans leurs pratiques. 

3. Éviter la surcharge cognitive : 

Trop de stimuli ou d’options numériques peuvent disperser l’attention. Les outils doivent être simples, intuitifs et adaptés à l’âge des apprenants. 

4. Utiliser les données pour personnaliser l’apprentissage : 

Les technologies permettent d’identifier les forces et faiblesses des élèves pour leur proposer des parcours d’apprentissage adaptés. 

 

En conclusion, les quatre piliers de l’apprentissage de Stanislas Dehaene constituent des fondations solides pour optimiser nos pratiques pédagogiques. En s’appuyant sur les technologies numériques, il est possible de renforcer ces piliers et de créer des environnements d’apprentissage dynamiques, engageants et efficaces. Toutefois, la clé réside dans une utilisation réfléchie et équilibrée de ces outils à travers la conception d’un scénario pédagogique soigneusement ficelé. 

 

Références bibliographiques :

  • Dehaene, S. (2018). Apprendre ! Les talents du cerveau, le défi des machines. Paris : Odile Jacob.
  • Dehaene, S. (2024). Science et école : ensemble pour mieux apprendre. Travaux du Conseil Scientifique de l’Education Nationale. Paris : Odile Jacob.

Article rédigé par Julie